Depuis déjà quelques temps se posait la question : est-il possible de considérer comme une “dépense de personnel” éligible au titre du Crédit d’Impôt Recherche la part relative aux mandataires sociaux, et notamment aux gérants majoritaires de SARL qui ne sont pas assimilés à des salariés (cf la question de Monsieur Lionel Tardy, publiée au JO en avril 2008 et ayant obtenu réponse en septembre 2008).
L’interprétation habituelle de l’article 49 septies G de l’article III du CGI considérait comme dépense éligible au CIR la seule rémunération du personnel salarié de l’entreprise (chercheurs et techniciens de recherche).
Etaient ainsi exclus le gérant majoritaire. Lorsque ce dernier représente le seul chercheur de la société, voire la seule personne dans la société, cela pose problème et exclut du cadre du Crédit d’Impôt Recherche de nombreuses TPE ou PME.
Depuis fin 2008, la ministre de l’Economie et des Finances, Madame Lagarde, ainsi que la ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, Madame Pecresse, s’étaient engagées à initier une réflexion sur le sujet afin de résoudre cette contrainte forte.
C’est chose faite depuis mars 2009, puisque une position (à confirmer par l’administration fiscale toutefois) a été donnée sur le sujet rappelant les principes applicables aux rémunérations des gérants majoritaires.
En l’occurrence, à compter du moment où la rémunération du gérant constitue effectivement une dépense déductible fiscalement pour la société, elle pourra être prise en compte dans la base éligible du Crédit d’Impôt Recherche, au même titre que les dépenses du personnel salarié.
Bien entendu, cette rémunération doit respecter les autres contraintes du CIR, et notamment le gérant doit personnellement prendre une part active aux projets de R&D considérés comme éligibles. Il est ainsi nécessaire que le gérant soit en mesure de justifier ses temps, notamment sur la partie opérationnelle.
Il est également souhaitable que sa rémunération puisse être scindée entre une part opérationnelle (notamment concernant sa participation aux travaux de R&D) et une part liée à son mandat de gérance.
Nous considérons chez AUVALIE que cette prise de position, bien que tardive, clarifie enfin cette situation qui pénalisait un nombre important de jeunes sociétés innovantes mais méconnues par le système.
Cette position s’inscrit dans la droite ligne d’un renforcement du dispositif de Crédit d’Impôt Recherche afin de renforcer la R&D en France.
AUVALIE vous souhaite la bienvenue sur votre blog dédié à l’actualité de l’Innovation, la fiscalité de la Recherche, les aides et les outils de financement et d'incitation à l’Innovation.
Tangui
22 mars 2009 à 19:28
Une position qui devrait débloquer de nombreuses situation et permettre de valoriser le travail de nombreux créateurs porteurs de projets innovants
Feyd
7 août 2009 à 16:33
Depuis la quinzaine d’année qu’existe le CIR, il était un peu temps pour l’état de se positionner. Reste plus qu’a attendre une BOI de la part de l’administration fiscale.
Lemon Way
7 avril 2010 à 11:11
et à ce jour du 7 Avril 2010, l’administration fiscale a répondu favorablement à votre connaissance ? Peut-on sans risque appliquer un ratio de 50% / 50% ce qui est mon cas, entre R&D et gestion au quotidien de l’entreprise ?
Ou faut-il passer en SAS et se salarier ? Je suis ingénieur de formation et m’occuppe de la R&D avec une équipe de développeurs, à 50% de mon temps. Nous sommes JEI.
Laurent
23 avril 2010 à 11:13
Bonjour,
concernant le cas des gérants majoritaires, l’administration fiscale s’est effectivement positionnée, dans le sens que nous indiquions dans l’article.
Il est par conséquent possible de tenir compte dans la base éligible du CIR de la rémunération affectée au gérant majoritaire, non salarié, pour ses travaux de R&D.
Cependant, il est également indispensable de pouvoir justifier précisément de ce temps de R&D, autrement que par une répartition forfaitaire 50/50.
J’espère avoir répondu à votre attente